Photographie d' abeilles en pleine nature

Protégeons nos abeilles

Alors que fin avril on déplorait un printemps meurtrier pour les abeilles, où les pertes s’étendaient de 50% à la disparition totale de certaines colonies, le débat sur les pesticides est relancé. En effet les apiculteurs dénoncent l’utilisation de néonicotinoïdes, un insecticide « tueur d’abeilles ». Pourtant, fin avril, les Etats membres de l’Europe ont voté la proposition de la Commission européenne concernant l’interdiction de trois de ces substances. Interdits en France depuis 2016, la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame agissent directement sur le système nerveux des abeilles. Pour être plus précis, ils perturbent l’orientation et les capacités de navigation des abeilles, qui sont alors incapable de rentrer à la ruche. Mais au fait, pourquoi les abeilles sont-elles indispensables à l’environnement et à la biodiversité?

Les abeilles, maillon essentiel de notre biodiversité

Les abeilles sont ce que l’on appelle un insecte pollinisateur. C’est-à-dire qu’elles participent à la fécondation et à la reproduction des plantes à fleur. Pour comprendre leur rôle, un point « sciences naturelles » s’impose. Les angiospermes (nom scientifique de la plante à fleur) sont pour la plupart hermaphrodites, c’est à dire qu’elles possèdent à la fois un organe mâle et un organe femelle. Le rôle de l’abeille est alors d’apporter le grain de pollen d’une fleur au stigmate d’un carpelle. Le carpelle est l’enveloppe protectrice des ovules. Si les deux sont compatibles, alors au sein du pistil un tube pollinique se forme, autorisant les gamètes mâles à atteindre l’ovaire et donc l’ovule. La fécondation commence alors, permettant à la graine de se développer. La fleur ainsi formée possédera à son tour d’un pistil et d’une étamine.

On comprend alors la nécessité des abeilles pour la biodiversité. Car 80 % des cultures dans le mondes dépendent des pollinisateurs, avec les abeilles à leur tête. Mais il faut savoir que les abeilles ont également besoin de cette biodiversité pour vivre. En effet, lorsqu’elle butine, l’abeille récolte des nutriments essentiels à sa survie. Et certains de ces nutriments ne se trouvent pas sur toutes les fleurs. C’est pourquoi elle a besoin d’une diversité en termes de biodiversité. Ainsi, de par ce lien très étroit, si l’une des deux décline, alors l’autre décline avec. Et c’est le début d’un cercle vicieux.

Les pesticides ne sont cependant pas les seuls fautifs : mauvaises pratiques apicoles, importation d’abeilles,  parasites et maladies , changement climatique ou encore frelon asiatique participent également à la mortalité de nos pollinisateurs.

Comment pouvons-nous les aider ?

Parce qu’il n’est pas envisageable de laisser ce fléau se dérouler sans agir, nous pouvons à notre niveau aider à la sauvegarde de nos abeilles.

En achetant du miel local

En 2018 en France, la production de miel a chuté de 33%, en raison du déclin des abeilles. Cependant, avec une demande des consommateurs qui se maintien, les importations de miel ont augmenté de 60% en 10 ans. Avec à leur tête la Chine. Privilégier le miel local, c’est privilégier un miel de qualité, soutenir nos apiculteurs, et participer à la protection de notre environnement.

En semant des fleurs chez vous

Comme vu précédemment, les abeilles ont besoin d’une diversité de fleurs pour avoir les nutriments essentiels à leur diète. Planter des fleurs sur votre balcons, dans votre jardin ou votre cour, ou même sur le rebord de la fenêtre est un geste simple mais qui permettra à la biodiversité de se renouveler.

De plus, si vous habitez dans un quartier où il n’y a que très peu de biodiversité, et que vous arrivez à convaincre vos voisins de faire pareil, il se pourrait que des abeilles décident de s’y installer de nouveau. Bien évidemment, engrais et herbicides et autres cocktails mortels sont à proscrire .

En construisant des abris ou parrainant une ruche

Pour construire des gîtes à insectes, il suffit de suspendre une bûche de bois pleine de trou . Vous pouvez aussi en acheter des plus élaborés dans les jardineries.

Et pour ceux qui ne se sentent pas apiculteur dans l’âme, il vous reste une autre solution. L’association « un toit pour les abeilles » a mis en place un système de parrainage, dont le principe est simple. Particuliers et entreprises peuvent pour quelques euros par mois parrainer des ruches et abeilles. Il reçoivent en contrepartie des pots de miel de la ruche qu’ils ont parrainé. Pour donner un ordre d’idée plus précis, un particulier peut parrainer de 4 000 à 16 000 abeilles, allant de 8€/mois à 25€/mois. Tous les détails sont consultables ici.

Pour en savoir plus, nous vous conseillons l’excellente vidéo réalisée par Le Monde.

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